Volume Ii Part 15 (2/2)

-- 1064. Les rochers correspondans de l'autre cote du Rhone, ou sur la rive droite de ce fleuve sont aussi calcaires. La montagne qui domine cette rive, un peu au-dessus de St. Maurice, est composee de couches contournees, froissees et repliees de la maniere la plus etrange. Ce qu'il y a encore de remarquable, c'est que ces couches ainsi repliees en ont d'autres a cote d'elles qui sont planes, presque verticales, et d'autres sous elles, qui sont horizontales. Il faudroit avoir observe de pres ce singulier rocher, et avoir determine comment et jusqu'a quel point ces couches sont unies entr'elles pour former les conjectures sur leur origine. Car la vallee est trop large pour que l'on puisse en juger avec precision d'une rive a l'autre.

On voit avec peine que cette large vallee soit aussi peu cultivee; elle est presque partout couverte, ou de marais, ou de debris des montagnes voisines.

-- 1065. Avant de quitter cette vallee, je jetterai un coup-d'oeil general sur la singuliere suite de rochers qui composent la chaine que nous venons d'observer.

Les deux extremites sont calcaires, avec cette difference, que celle qui est la plus pres de Martigny est melee de mica, tandis que celle de St Maurice n'en contient point. Entre ces calcaires sont refermees des rochers que l'on regarde comme primitives; et au milieu de ces roches on trouve des ardoises et des poudingues. On fait que ce dernier genre est ordinairement cla.s.se parmi les montagnes tertiaires, ou de la formation la plus recente. Mais ces poudingues-ci, qui ne contiennent aucun fragment de pierre calcaire, qui ne sont meme point unis par un gluten calcaire, ne sont vraisemblablement pas posterieures a la formation des montagnes calcaires, ou du moins ils ne doivent point etre confondus avec ces gres et ces poudingues de formation nouvelle, qui entrent dans la composition des montagnes du troisieme ordre.

Quant aux ardoises que se trouvent interposees au milieu de ces gres et de ces poudingues, -- 1054, elles sont de nature argilleuse, et dans l'ordre des pierres que l'on nomme secondaires.

Ces ardoises, de meme que toutes les pierres de ces montagnes, ont leurs couches dans une situation verticale: mais nous avons vu qu'il y a lieu de croire qu'elles ont ete anciennement horizontales.

It is singularly fortunate that such remarkable appearances, as are found in the rocks of this place, had called the attention of M. de Saussure to investigate a subject so interesting to the present theory; and it is upon this, as well as on many other occasions, that the value of those observations of natural history will appear. They are made by a person eminent for knowledge; and they are recorded with an accuracy and precision which leaves nothing more to be desired.

From _Martigny_ to _St. Maurice_, about three leagues, there is a most interesting valley of the Rhone, through which this river makes its way from the _Vallais_, or great valley above, among those mountains which seem to have shut up the _Vallais_, and through which the river must pa.s.s in running to the lake. M. de Saussure found some singular ma.s.ses, which attracted his attention, in examining the structure of the rocks on the left side of this little valley. Like a true philosopher, and accurate naturalist, he desired to compare what was to be observed in the other side of this valley of the Rhone, which he had found so singular and so interesting on that which he had examined. Accordingly, in Spring 1785, he made a journey for that purpose. In this survey he found the most perfect correspondence between the two sides of this valley, so far as rocks of the same individual species, and precisely in the same order, are found upon the one side and upon the other.

This author, after describing those particular appearances, sums up the evidence which arises from this comparison of the two sides of the valley; and he here gives an example of just reasoning, of accuracy, and impartiality, which, independent of the subject, cannot be read without pleasure and approbation. But when it is considered, that here is a matter of the highest importance to the present theory, or to any other system of geology, no less than a demonstration that the rocks, of which the mountains on both sides of the valley of the Rhone are formed, are the same, and must have been originally continued in one ma.s.s, the following observations of our author will be most acceptable to every person who inclines to read upon this subject.

-- 1079. On voit par cet expose, que bien que la vallee du Rlione ait dans ce trajet pres d'une lieue de largeur moyenne, les montagnes qui la bordent sont en general du meme genre, et dans la meme situation sur l'une et l'autre rive.

Il y a cependant trois differences que je dois exposer et apprecier en peu de mots.

La plus importante est dans ces couches de pierre calcaire, -- 1073, que j'ai trouvees sur la rive droite, et que je n'ai point vue sur la gauche. Mais il est possible qu'elles y soient, et qu'elles m'ayent echappe, masquees par des debris ou par d'autre causes accidentelles; cette supposition est d'autant plus possible, que l'epaisseur de ces couches n'est que de quelques pieds. D'ailleurs il arrive souvent, que des filons, tel que paroit etre celui dont je parle, ne s'etendent pas a de grandes distances, quoique la nature de la montagne demeure la meme.

Enfin ce qui diminue l'importance de cette difference, c'est que ces couches calcaires se trouvent dans le voisinage de l'ardoise qui pa.s.se, comme la pierre calcaire, pour une pierre de nature secondaire, et qui alterne tres-frequemment avec elle.

Une autre difference que l'on aura pu remarquer, c'est que sur la rive droite, je n'ai point trouve de petrosilex pur et en grandes ma.s.ses, comme sur la rive gauche dans les environs de la cascade. Mais cette difference ne me frappe pas non plus beaucoup; parce qu'au lieu de petrosilex, j'ai trouve sur la rive droite des roches composees en tres-grande partie de feldspath. Or je regarde le petrosilex et le feldspath comme des pierres de la meme nature. Leur durete est a-tres-peu-pres la meme; leur densite la meme, leur fusibilite la meme; l'a.n.a.lyse chymique demontre dans l'un et dans l'autre les memes principes, la terre siliceuse, la terre argilleuse et le fer; et de plus ces ingrediens s'y trouvent a tres-peu-pres dans les memes proportions.

Il ne reste donc de difference que dans la couleur et dans l'agregation des elemens. Or on fait que ces qualites accidentelles tiennent souvent a des causes qui peuvent etre purement locales.

La troisieme difference, celle qui se trouve dans la direction de quelques-unes des couches, je l'ai deja indiquee, -- 1075. et il semble inutile de repeter, que quand des couches formees originairement dans une situation horizontale, ont ete redressees par des operations violentes de la nature, il n'y a pas lieu de s'etonner qu'elles n'aient pas exactement la meme position dans tout l'es.p.a.ce qu'elles occupent.

Les differences ne sont donc pas tres-significantes, et les ressemblances sont au contraire du plus grand poids. Ce qui leur donne a mon gre la plus grande force, c'est la rarete des pierres dont ces montagnes sont composees, ces especes de porphyres a base de petrosilex, ces rochers feuilletees melangees de feldspath et de mica; c'est encore la correspondance de l'ordre dans lequel elles se suivent; ces bancs de poudingues separes par des ardoises sur une rive comme sur l'autre; leur situation egalement ou a-peu-pres telle. Viola de grandes et fortes a.n.a.logies et qui ne permettent pas de douter que ces montagnes, produites dans le meme temps et par les memes causes, n'aient ete anciennement unies.

Having thus shown, that the Rhone had in the course of time hollowed out its way from the central mountain of the _St. Gothard_ through the extensive valley of the _Vallais_ we may still further trace the marks of its operation in the more open country towards the lake. It is an observation which M. de Saussure made in his way from the valley of the Rhone to Geneva.

-- 1090. La grande route de Bex a Villeneuve suit toujours le fond de la vallee du Rhone, en cotoyant les montagnes qui bordent la droite ou le cote oriental de cette vallee. Ces montagnes sont en general de nature calcaire, mais on voit a leur pied, jusques aupres de la ville d'Aigle, situee a une lieue et demi de Bex, la continuation des collines de gypse qui renferment les sources salees.

-- 1091. A l'opposite de ces collines, au couchant de la grande route, on voit sortir du fond plat de la vallee deux collines allongees dans le sens de cette meme vallee. Ces collines sont l'une et l'autre d'une pierre calcaire dure et escarpees presque de tous les cotes. L'une la plus voisine de Bex, ou la plus meridionale, se nomme _Charpigny_, l'autre _Saint Tryphon._

Il paroit evident que ces rochers isoles au milieu de cette large vallee sont de noyaux plus dures et plus solides qui ont resiste aux causes destructrices par lesquelles cette vallee a ete creuse. Ils ne sont cependant pas exactement de la meme nature, et surtout pas de la meme structure; car celui de _Saint Tryphon_ est compose de couches regulieres, horizontales ou a-peu-pres telles, tandis que celui de _Charpigny_ a les siennes tres-inclinees et souvent dans un grand desordre.

In M. de Saussure's Journey to the Alps, we have now seen a description of the shape that had been given to things, by those operations in which strata had been consolidated and elevated above the sea; nothing but disorder and confusion seems to have presided in those causes, by which this ma.s.s of continent had been exposed to the sight of men; and nature, it would appear, had nothing in view besides the induration, the consolidation, and the elevation of that ma.s.s into the snowy regions of the atmosphere. From the descriptions now given, we see the operation of the waters upon the surface of the earth; we perceive a regular system of mountains and valleys, of rivulets and rivers, of fertile hills and plains, of all that is valuable to the life of man, and that which is still more valuable to man than life, viz. the knowledge of order in the works of nature, and the perception of beauty in the objects that surround him.

Let us now turn our view to distant regions, and see the effect of causes which, being general, must be every where perceived.

CHAP. XII.

_The Theory ill.u.s.trated, by adducing examples from the different Quarters of the Globe_

<script>