Volume Ii Part 116 (1/2)
[Pageheading: THE CZAR TO THE QUEEN]
_The Emperor of Russia to Queen Victoria._
2 S. PeTERSBOURG, _le -- Decembre 1853._ 14
MADAME,--Je remercie votre Majeste d'avoir eu la bonte de repondre aussi amicalement que franchement a la lettre que j'ai eu l'honneur de lui ecrire. Je la remercie egalement de la foi qu'elle accorde a ma parole,--je crois le meriter, je l'avoue,--28 annees d'une vie politique, souvent fort penible, ne peuvent donner le droit a personne d'en douter.
Je me permets aussi, contrairement a l'avis de votre Majeste, de penser, qu'en affaires publiques et en relations de pays a pays, rien ne peut etre _plus sacre_ et ne l'est en effet a mes yeux que la parole souveraine, car elle decide en derniere instance de la paix ou de la guerre. Je ne fatiguerais certes pas l'attention de votre Majeste par un examen detaille du sens qu'elle donne a l'article 7 du Traite de Kainardji; j'a.s.surerais seulement, Madame, que depuis 80 ans la Russie et la Porte l'ont compris ainsi que nous le faisons encore.
Ce sens-la n'a ete interrompu qu'en derniers temps, a la suite d'instigations que votre Majeste connait aussi bien que moi.
Le retablir dans son reception primitive et la justifier par un engagement plus solennel, tel est le but de mes efforts, tel il sera, Madame, quand meme le sang devrait couler encore contre mon v[oe]u le plus ardent; parce que c'est une question vitale pour la Russie, et mes efforts ne lui sont impossibles pour y satisfaire.
Si j'ai du occuper les Princ.i.p.autes, ce que je regrette autant que votre Majeste, c'est encore Madame, parce que les libertes dont ces provinces jouissent, leurs ont ete acquises _au prix du sang Russe, et par moi-meme Madame les annees_ 1828 _et_ 29. Il ne s'agit donc pas de _conquetes_, mais a la veille d'un conflit que l'on rendait de plus en plus probable, il eut ete indigne de moi de les livrer surement a la main des ennemis du Christianisme, dont les persecutions ne sont un secret que pour ceux qui veulent l'ignorer. J'esperais avoir repondu ainsi aux doutes et aux regrets de votre Majeste _avec la plus entiere franchise_. Elle veut bien me dire qu'Elle ne doute pas qu'avec mon aide le retabliss.e.m.e.nt de la paix ne soit encore possible, malgre le sang repandu; j'y reponds de grand c[oe]ur, _Oui_, Madame, si les organes des volontes de votre Majeste _executent fidelement ses ordres et ses intentions bienveillantes. Les miennes n'out pas varie des le debut de cette triste episode. Reculer devant le danger, comme vouloir maintenant autre chose que je n'ai voulu en violant ma parole, serait au-dessous de moi_, et le n.o.ble c[oe]ur de votre Majeste doit le comprendre.
J'ajouterais encore que son c[oe]ur saignera en apprenant les horreurs qui se commettent deja par les hordes sauvages, pres desquels flotte le pavillon Anglais!!!
Je la remercie cordialement des v[oe]ux qu'Elle veut bien faire pour moi; tant que ma vie se prolongera ils seront reciproques de ma part.
Je suis heureux de le Lui dire, en l'a.s.surant du sincere attachement avec lequel je suis, Madame, de votre Majeste, le tout devoue Frere and Ami,
NICOLAS.
Je me rappelle encore une fois au bon souvenir de Son Altesse Royale le Prince Albert et le remercie egalement de ses paroles obligeantes.
[Pageheading: LORD PALMERSTON AND REFORM]
_The Earl of Aberdeen to Queen Victoria._
LONDON, _6th December 1853._
... As Lord John Russell will have the honour of seeing your Majesty to-morrow, he will be able to explain to your Majesty the present state of the discussions on Reform, and the progress of the Measure.[33] Lord Aberdeen feels it to be his duty to inform your Majesty that on Sat.u.r.day evening he received a visit from Lord Palmerston, who announced his decided objection to the greater part of the proposed plan.[34] He did this in such positive terms that Lord Aberdeen should imagine he had made up his mind not to give the Measure his support; but Lord John entertains considerable doubt that such is the case.
Lord Aberdeen thinks it by no means improbable that Lord Palmerston may also desire to separate himself from the Government, in consequence of their pacific policy, and in order to take the lead of the War Party and the Anti-Reformers in the House of Commons, who are essentially the same. Such a combination would undoubtedly be formidable; but Lord Aberdeen trusts that it would not prove dangerous. At all events, it would tend greatly to the improvement of Lord John's Foreign Policy.
[Footnote 33: On the 19th of November Lord John had written to the Queen outlining the Reform proposals of the Committee of the Cabinet. The Queen subsequently wrote to make additional suggestions, _e.g._, for finding a means of bringing into the House official persons or men without local connections, and for dealing with Ministerial re-elections.]
[Footnote 34: Lord Palmerston wrote to Lord Lansdowne, giving an account of the affair:--
”CARLTON GARDENS, _8th December 1853._
”MY DEAR LANSDOWNE,--I have had two conversations with Aberdeen on the subject of John Russell's proposed Reform Bill, and I have said that there are three points in it to which I cannot agree.
”These points are--the extent of disfranchis.e.m.e.nt, the extent of enfranchis.e.m.e.nt, and the addition of the Munic.i.p.al Franchise in Boroughs to the 10 Householder Franchise....